» Lisa (triste solipsisme)


Lisa (triste solipsisme)


lisa se pointe à midi pile
les yeux bordés de références
qui ne regardent que ces cils
et font pâlir la concurrence

lisa si fine et sibylline
qu’elle en paraît presque réelle
quand sous les relents de cyprine
elle s’évapore dans mes ruelles

et voilà ma belle se taille au ciel d’un seul coup d’aile


sauve-toi lisa, tu t’y perdras
j’aime tant le silence qui s’installe
et si je te serre dans mes bras
c’est parc’ que la terre n’est plus stable

prends garde au soleil qui revient
me caresser le fond du crâne
il se pourrait bien que demain
ton souvenir trépasse et crame

j’ai tourné la page sur le partage du mélodrame


lisa, belle à se foutre en l’air
monopolise mon autolyse
d’un petit air patibulaire
mais si joli que je m’enlise

lisa, sensible et silencieuse
glisse et repasse dans ma mémoire
s’éclipse presque facétieuse
et me plante là sur le trottoir

dans les dédales et les délices de mon désespoir